Le 28 mai 2026 : Château de GAILLON/ Manoir d'HEUDREVILLE
Par une belle journée très ensoleillée et bien chaude, nous étions 42 adhérents AVF Gaillon à 14h30 pour suivre notre guide Léa dans le plus beau château Renaissance de France construit avant les châteaux de la Loire.
I- Le château de Gaillon.
a) Histoire générale.
En 2025 le château a fêté son millénaire. Attesté pour la 1ère fois dans une charte de Richard II, duc de Normandie, en 1025.
Après la forteresse médiévale, lors des conflits entre France et Angleterre, il devient la résidence des archevêques de Rouen en 1262.
Au XVIème siècle, grâce à Georges d’Amboise, archevêque, il est le 1er château Renaissance de France.
Son style est donc gothique flamboyant, inspiré d’Italie. Mais la révolution bouleverse son destin. Des propriétaires se succèdent, revendent les pierres. Seuls 20% subsistent du château Renaissance : le pavillon les éléments de l’avant cour la chapelle basse le mur.
Au XIXème on reconstruit.
De 1816 à 1901 c’est une prison sous Napoléon : 58000 détenus sont passés au château en 80 ans. Prison remplacée par une caserne militaire au début du XXème. Il héberge des réfugiés espagnols en 1939.
Puis c’est de nouveau une propriété privée. Puis prison sous le régime de Vichy et des nazis.
En 1946 il est de nouveau une propriété privée. On y trouve même une discothèque.
C’est en 1975 que l’Etat en devient propriétaire. Travaux de restauration qui continuent aujourd’hui.
Il est ouvert au public depuis 2011.
b) La maquette de Daniel Duval, membre de l’association « Renaissance de Gaillon » nous
montre : le corps de garde, les cuisines, les 2 chapelles (haute et basse), l’aile de la grande
maison avec la salle de réception, 48 chambres, l’appartement de l’archevêque dans la tour,
une bibliothèque, une cour intérieure pour y accueillir une fontaine monumentale de 7m qui
fut malheureusement cassée lors d’un déplacement et La Rochefoucauld a conservé la
vasque dans son château des Charentes, à 20 km d’Angoulême, et les douves= vestiges de
l’époque médiévale, sans eau. Ce sont des fossés.
c) La belle charpente au sommet du corps de garde date du XIX-XXème siècle, à l’époque de
la prison. En 1980, lors de la restauration, on souhaite faire renaître le château, donc on
souhaite un toit Renaissance. Donc on retire le toit Renaissance (A noter que c’est différent
aujourd’hui : on restaure un monument comme avant sa destruction, selon le dernier état
connu.)
La hauteur sous plafond est de 7m jusqu’à la 1ère poutre, et 17m la plus grande hauteur.
d) Les travaux actuels L’avant-cour est une cour carrée avec son dallage. A la Révolution,
Alexandre Lenoir le retire et le place dans son école des « Monuments français ». Mais en
1980 on récupère les pierres qu’on replace. Cet endroit doit abriter le Conservatoire de
musique qui aura aussi son auditorium.
e) L’orangerie du XVIIème siècle en forme de U est de Colbert, fils du Ministre de Louis XIV. Il
fait appel à Mansart et André Le Nôtre, illustres architecte et jardinier de Versailles.
2 étages ont été supprimés dans les années 80 pour refaire la toiture. On va la remettre en
état. A l’intérieur c’est un dépôt lapidaire. Nous nous trouvons dans le bâtiment F. Un escalier
recouvert de coaltar (un fongicide) : goudron de charbon (le coal = charbon et tar= goudron=
substance qui produisait des émanations toxiques, qui étourdissaient les gens : d’où
l’expression « être dans le coaltar ».
Ici étaient détenus les prisonniers de petits délits qui restaient 3 ans environ :il fallait être
religieux, travailler : dans l’atelier de paille ou d’ébénisterie pour fabriquer des chaises par ex
ou bien travailler le tissu de Louviers qui était transformé en draps, torchons...ou bien dans
l’atelier de brosses. D’ailleurs il, y a eu une usine de brosses devant le château.
La prison était mixte sauf après 1836, seuls des hommes étaient prisonniers.
A l’étage étaient les dortoirs.
En 1901 la prison ferme car sont réclamées des cellules pour les prisonniers (décret de 1897)
et on réutilise les espaces pour la caserne qui ferme après la 1ère guerre mondiale.
Le château est réquisitionné dès février 1939 pour accueillir 850 espagnols qui fuient Franco.
En 1940, le 9 juin, les allemands sont à Rouen et bombardent Gaillon. Le 10 juin, ils sont au
château et s’y installent pendant 1an.
Puis le château fut donné au régime de Vichy. On enferme alors toute personne dangereuse
pour le régime : juifs (8 à la demande des allemands en 42, envoyés à Drancy et 5 ne
reviendront pas d’Auschwitz), les résistants (Pierre Semard a été enfermé là avant son
exécution à Evreux, et sa fille Yvette a survécu), les personnes faisant du marché noir.
Au total : 594 personnes furent enfermées.
f) Les jardins hauts et bas. Les hauts sont pour les détenus aliénés. L= 130m. On plante des
tilleuls qui ont des vertus apaisantes. Les jardins du bas sont nourriciers. Maraîchage.
II- Le Manoir d’Heudreville. ( A 15 minutes de Gaillon)
Voilà un paradis d’eau, un bel écrin de verdure et de technique : les 2 turbines à vis qui
produisent l’électricité sont à voir !
Nous sommes accueillis par le propriétaire M.Roger d’Orglandes qui nous fait visiter les
extérieurs. Magnifiques.
En 1512 la maison était à colombages sur rez- de- chaussée en pierre.
En 1572 (fin de construction de Gaillon) : le manoir est revêtu d’une maçonnerie de briques
En 1938 « mes parents ont acheté ce manoir »
Il est inscrit en partie aux Monuments Historiques depuis le 13/11/1974, avec ses
dépendances et son moulin, sur la rive gauche de l’Eure.
M.d’Orglandes possède 2 turbines à vis d’Archimède et produit son électricité depuis 2013.
Ce n’est pas répandu en France et pourtant...Elles furent installées par Vincent Gary,
ingénieur à l’Ecole centrale de Nantes.. L’eau traverse la vis u la turbine et est restituée
entièrement à la rivière, sans pollution. Elle ne génère ni gaz à effet de serre ni gaz polluant,
ni déchet.
Il faut un barrage, une vis ou turbine et un canal de fuite. L’énergie mécanique grâce à la
rotation de la vis est transformée en électricité à l’aide d’une génératrice.
Les turbines à vis d’Archimède s’adaptent aux hauteurs de chutes comprises entre 1,5m et 4
m de hauteur, Conception simple et faible coût et pas d’impact sur l’environnement.
III- Et on a terminé dans le jardin qui jouxte le manoir au bord de l’Eure et
entretenu par un voisin de 80 ans. Superbe avec son pont, ses arbustes, ses fleurs,... On était
chez Monet !
Et voilà un très bel après-midi. De belles visites, de belles rencontres, de beaux
souvenirs.
Martine, ravie de vous faire découvrir ces lieux.
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